Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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23 septembre 2017

Flassans sur Issole, village du centre Var

Flassans plan

Plan de Flassans, village du centre Var, peint sur des carreaux de faïence.

Ce plan se trouve sur la place (Photo Nadine)

 Le nom de Flassans provient probablement de celui d'un propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine qui possédait un domaine sur les rives de l'Issole. D'après Auguste Longnon (1844-1911) historien et géographe spécialiste des noms de lieux, Flassans viendrait de Flaccius, personnage dont la juridiction devait s'étendre sur les lieux actuels ou bien encore du latin "flatus sanus", air pur. Des fouilles ont mis à jour les preuves d'une occupation humaine très ancienne en divers endroits et ce, depuis les temps préhistoriques : silex de l'âge du bronze recueillis sur les berges de l'Issole, oppidum avec céramiques et vestiges de cabanes sur la colline de Maunier, villas gallo-romaines à la Grande-Bastide, au Coudonnier, à Saint-Baillon, à Saint-André, à la Seigneurie, au Petit Campdumy, sépultures à tegulae (tuiles), pièce de pressoir à huile, urnes cinéraires, etc... Il paraît certain que les domaines actuels de Pique-Roque, de Saint-Martin, de l'Aubréguière, de Rouvède, de Campagne-Neuve et autres ont succédé aux "fundi" (domaines agricoles rassemblés autour d'une "villa") des temps gallo-romains et mérovingiens avec leurs bonnes terres et leurs sources abondantes. A partir du Ve siècle, à la fin de l'Empire Romain du fait du passage plus ou moins définitif des peuplades germaniques, la "provincia" gallo-romaine ne connue pas de gros bouleversements politiques, contrairement à d'autres parties de l'ancien empire romain, jusqu'aux invasions sarrasines (XIIe siècle). En fait, nous ne savons que très peu de chose sur la période allant du Ve au Xe siècle, sinon qu'il avait dû y avoir une certaine permanence des institutions politiques issues de la période gallo-romaine (maintien du droit romain et de l'influence de l'églis). A partir du IXe ou Xe siècle, la Provence a subi de grandes misères et de nombreux ravages et pillages. C'est certainement à cette période que les habitants de "Flacianis" se sont regroupés autour de la forteresse féodale, lieu aujourd'hui en ruine et appelé "ville" ou encore "Vieux Flassans". Sur l'emplacement d'un oppidum romain, un poste de guet fut élevé au Xe siècle par Hugues d'Arles pour prévenir des incursions sarrasines qui venaient de la côte et du massif des Maures où ils s'étaient installés. C'est à l'époque féodale que les Pontevès devinrent les premiers seigneurs de Flassans. A ce titre au XIVe siècle ils firent agrandir le château qui fut sous Jean de Pontevés, grand sénéchal de Provence, le quartier général des catholiques provençaux. Les protestants s'en emparèrent et le démantelèrent (Guerres de religion). A partir du XVII° siècle, les familles de Carcès et de Simiane, eurent de nombreuses possessions foncières sur la commune.

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Flassans, coquet village traversé par l'Issole est entouré de vallons couverts de chênes blancs, qui apportent une fraîcheur délicieuse en été. Flassans était situé sur l'un des chemins de St Jacques de Compostelle : la via Tolosona. De ce riche passé, il demeure les ruines du château féodal de la famille de Pontevès sur la colline qui domine le village.
Au coeur de ce village, en bordure de l'Issole, un pont à dos d'âne et un moulin à huile restauré du XVIème siècle s'élèvent près d'une place ombragée. Ce moulin a été transformé en bibliothèque. C'est un endroit vraiment très joli. J
'espère que mes photos vous plaisent ?

Dans mes liens (amis varois), vous trouverez le blog de Mounic de Flassans au cas où ce qu'elle fait vous intéresserait.

11 septembre 2017

La langue d'oc et la langue d'oil

 

L'origine d'oc

Oc vient du latin hoc qui signifie littéralement cela. En fait, on exprimait ainsi l'affirmative : c'est cela ! De ce terme s'est forgé le nom de la région du Languedoc, pays de langue d'oc. Il s'étendait de la Garonne au Rhône, sa capitale était Toulouse. L'occitan a été très répandu grâce aux troubadours.

Le terme Occitanie apparaît au Moyen Âge sous sa forme latine Occitania, nom dont la terminaison a certainement été forgée sur le modèle d'Aquitania.

Aujourd'hui oui s'écrit oc en occitan mais le c final ne se prononce pas (excepté dans le nom Languedoc ou bien pais d'oc). En provençal, oui s'écrit o. Frédéric Mistral parle de la lenga d'o (langue d'o). A l'est du Rhône, c'est donc le pais d'o !

carte_langues_oil_oc

L'origine d'oïl

Dans le nord de la France, on rencontrait au Moyen Âge les deux formes : o et oil. La prononciation de cette époque est différente de celle d'aujourd'hui : on ne disait pas [oï] mais o-il. En outre, la prononciation du o avait tendance à se transformer en [ou]. On passe à [ou-il] puis la lettre finale l (comme le c dans le midi) a disparu de la prononciation pour devenir [ou-i] puis en une seul son : oui !

Au XVIe, Clément Marot (poète né à Cahors 1496-1544) écrit :
"et tant qu'ouy et nenny se dira, per l'univers le monde me lira".
A propos de la négative, nenny (ou nennil) est construit de la même façon : à partir de nen (variante de non et le suffixe -il) nenny pas ! signifie : pas du tout ! Cette expression est encore présente dans l'expression : que nenni !

Langue-doc

 Source : D'après Lexilogos.com - Mots et merveilles d'ici et d'ailleurs.

 

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05 septembre 2017

L'âge du travail dans le département du Var en 1840

A la ferme

Le premier âge commence de bonne heure à la campagne, dès que les enfants ont atteint leur cinquième année, on les emploie sans distinction de sexe à garder les bêtes de labour dans les pâturages et les troupeaux de volailles dans les friches. Quelques-uns vont sur les chemins ramasser de la paille pour litière ou des crotins de gros bétail. Les petites filles s'occupent de quelques travaux légers dans l'intérêt du ménage. Ces différentes occupations toujours lucratives pour les familles de la campagne, empêchent d'envoyer leurs enfants aux écoles. On voit tous les jours de bonnes gens préférer unn panier de crotin à l'enseignement gratuit qu'on offre à leurs enfants en bas âge. Plus tard, il leur est de toute impossibilité de les accepter, car à 18 ans les jeunes garçons commencent à bêcher la terre et à conduire la charrue dans les terrains légers et les jeunes filles travaillent moyennant la moitié du salaire qu'on donnerait à une femme. D'ailleurs c'est à cet âge que les enfants contractent l'amour et l'habitude d'un travail pénible et fatiguant, mais le plus souvent précieux à la société. Il est reconnu que l'enfant d'un cultivateur, s'il fréquente l'école jusqu'à 15 ans va abandonner la culture des terres pour se faire artisan ou il est toute sa vie un bien faible cultivateur, à moins qu'il ne laboure que son propre champ. De là viennent tant de personnes oisives qui dans les communes rurales sont pendant le jour des piliers de cabarets et pendant la nuit des ravageurs de campagne et des maraudeurs.

Labours

A 22 ans, l'homme des champs possède sa plus grande force. Cette époque est devancée de deux ou trois ans pour les femmes et il est ordinaire de voir des filles de 14 ans, bêcher, labourer, enfin exécuter les travaux les plus rudes. Cet usage est général dans les pays maritimes, où la plupart des hommes, élevés pour la mer, laissent aux femmes la culture des terres. A 50 ans, l'affaiblissement commence. Il est très marqué à 60 ans, c'est l'âge où le cultivateur dans l'aisance ne s'occupe plus que des travaux légers et dans les saisons tempérées.

Enfin, à 70 ans, les forces ne suffisent plus à un travail rude et surtout continu. La journée du cultivateur à cet âge est à un très bas prix, et si contraint par le besoin, il continue de vendre sa sueur, il est renvoyé aux ouvrages affectés aux femmes et aux enfants et payé à peu près à leur taux [...].

Faucheur

Dans le département du Var, la population repose principalement sur les produits territoriaux et en suit les inconvénients. Ceci parce que l'agriculture emploie beaucoup de bras, qu'elle nourrit ou salarie beaucoup d'individus. Mais aussi parce que la substance générale est due à ses productions ou payées par leur prix, et parce qu'étant la source principale des revenus, l'agriculture règle la consommation en objets de luxe ou de commodité, et par conséquent les bénéfices de l'industrie et même ceux du commerce. La classe des propriétaires est donc la première du département parce que son climat privilégié, permet plusieurs sortes de cultures et se prête à une grande division des terres. Nous citerons la culture des oliviers sur plus de la moitié de sa superficie et celles des vignes sur les 4/5e, si l'on excepte les zones de la région froide dont les principes sont dégarnis de terres végétales.

Pioche

Dans les héritages de qualité étendue, l'industrie renfermée dans un cercle étroit, se porte vers une meilleure exploitation, la charrue est bannie parce qu'ils ne comportent pas un capital de bêtes de labour, la pioche et le piochon soulèvent seuls la terre et procurent des récoltes plus abondantes. C'est ainsi qu'à Grasse, Antibes où les sols couverts de vignes et d'oliviers sont en pente et ne permettent plus l'usage de la charrue, que la production, à superficie égale, est plus grande et plus assurée que dans ceux que le soc ouvre encore. Chaque famille, même celle réputée pauvre recueille de quoi se nourrir à une époque où les travaux de la campagne sont suspendus. Aussi on voit peu de mendiants dans le département. Ceux qu'on aperçoit parfois allant de porte en porte sont des journaliers étrangers, mendiant sur leur route jusqu'à ce qu'ils soient parvenus aux lieux où les travaux les appellent. Le plus souvent se sont des familles génoises ou piémontaises qui vont chercher fortune à Marseille ou dans une autre ville.

 Sources : Histoire et statistiques du département du Var - Etienne Garcin - 1840.

  

30 août 2017

Les petites ouvertures des maisons provençales

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Porte à Riez - Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Dans certains murs, il était parfois difficile d'ouvrir une fenêtre par manque de place ou par crainte du froid ou du vent qui pourrait s'y engouffrer. C'est pourquoi on a fréquemment conçu de petites ouvertures qui servent plus à ventiler qu'à éclairer une pièce. Elles ne possèdent pas de volets mais sont protégées par des grilles scellées dans le mur. La façade exposée au nord, conçue comme une muraille pour résister aux éléments, en est transpercée çà et là. Quelques fenestrons y sont judicieusement placés pour aérer la maison.

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 Porte murée Renaissance avec oculus - Trigance - Haut-Var (Photo Nadine) 

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 Porte avec ouverture fermée par une grille - Riez -Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Sous les toits, les combles sont pourvus d'oeils-de-boeuf ou oculi (du latin oculus, oeil). Dans les bastides, ils s'alignent au-dessus des fenêtres situées aux étages, participant de cette façon à l'agencement général de la bâtisse. Leurs formes variées, rondes, ovales, carrées, rectangulaires, en losange ou encore hexagonales, témoignent du goût et du savoir-faire des constructeurs provençaux. Au détour d'un champ, un cabanon, un grenier à foin se parent d'un charme particulier grâce à un simple oculus ouvert sur un pignon. Les entrées, souvent sombres, peuvent être éclairées et ventilées par une ouverture au-dessus de la porte. Dans les maisons anciennes, cette imposte était pratiquée juste au-dessus du linteau. Simplement munie d'une grille, elle refroidissait la maison. Puis les maçons ont inclus l'imposte sous le linteau et l'ont fermées par des vitres mobiles ou pas. Plus ou moins discrète, elle s'orne de décors assortis à ceux de la porte et arbore parfois les armes de la famille qui posséde la demeure dans certains cas, depuis des générations.

Source : D'après "L'âme des maisons provençales" - Editions Ouest-France.
 

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 Porte avec imposte vitrée - Trans en Provence (Photo Nadine)

 

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24 août 2017

Emmanuel-Joseph Sieyès dit l'abbé Sieyès

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Emmanuel-Joseph Sieyès est né le 3 mai 1748 à Fréjus (une rue porte son nom), c'est le fils d'un employé des impôts et maître de poste. Il fait d'abord ses études à Draguignan puis à Paris au séminaire de Saint-Sulpice. Il entre dans les ordres comme prêtre en 1774 mais sans grande conviction. En cette qualité, il fréquente les salons et les académies où se répandent les idées des Lumières. Il devient en 1775 chanoine de Tréguier en Bretagne, puis attaché auprès de l'évêque Jean-Baptiste Joseph de Lubersac en tant que secrétaire. Par la suite, il est l'aumônier de Sophie Philippe Elisabeth Justine de France plus connue sous le nom de Madame Sophie, tante de Louis XVI, puis vicaire général de Chartres en 1787 et enfin conseiller commissaire à la chambre supérieure du clergé. S'intéressant beaucoup aux problèmes sociaux et à la misère des paysans, il décide de se rendre à Paris en 1788 et de publier plusieurs brochures où il expose ses théorie et ses espoirs pour l'avenir : "Vues sur les moyens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer", puis un "Essai sur les privilèges" où il fustige les deux ordres privilégiés que sont la Noblesse et le Clergé, et enfin "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" texte fondateur de la Révolution française, rédigé fin 1788, alors que se préparent les prochains Etats-Généraux.

Qu-est_ce_que_le_Tiers_Etat

Publié au début du mois de janvier 1789, ce texte obtint un grand retentissement et assure la popularité de Sieyès. Des dizaines de milliers d'exemplaires de "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" vont être vendus, obligeant l'éditeur à faire quatre éditions, les trois premières anonymes et la dernière étant signée par Sieyès. Les idées exposées dans cette brochure préfigurent ce qui se passera en France quelques mois plus tard.
L'Abbé Sieyès, écarté par le Clergé, sera finalement élu député du Tiers-Etat à Paris pour les Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789. Il sera avec le Comte de Mirabeau un des fers de lance de son ordre, étant à l'origine de la réunion des trois ordres (Noblesse, Clergé et Tiers-Etat) aux Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789 à Versailles, de la constitution d'une Assemblée Nationale le 17 juin 1789 et du serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.

Serment

Élu dans trois départements à la Convention, il vote la mort du roi. Il abandonne sa charge de prêtre selon les modalités en vigueur de la Constitution civile du clergé. Pendant la préparation de la constitution de l'an III, le 20 juillet 1795, il prononce un discours resté célèbre au cours duquel il propose la mise en place d'un jury constitutionnaire, premier projet d'un contrôle étendu de la constitutionnalité des actes des organes de l'État. En 1795, il démissionne du poste de Directeur auquel il fut élu, conformément au plan qu'il avait élaboré afin de mettre à mort le Directoire. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799, il se résolut à entrer au Directoire, il prépare le coup d'État du 18 brumaire puis il est nommé consul provisoire par Bonaparte. Il devint président du Sénat conservateur sous l'Empire. Il est promut grand officier de la Légion d'honneur en 1804 et est nommé comte d'Empire en mai 1808. Pendant la Restauration, de 1815 à 1830, il s'exile durant quinze ans pour régicide à Bruxelles et est remplacé par le marquis de Lally-Tollendal. De retour après la révolution de Juillet 1830 "Les Trois Glorieuses", il meurt à Paris le 20 juin 1836. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

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18 août 2017

La fontaine des quatre saisons à Varages

 

Varages

Varages (83) est un village dont l'activité principale demeure depuis trois siècles la faïence. De nos jours, on trouve encore au village une manufacture, des faïenceries d'art, une école de la céramique et un Musée des Faïences. Le village est bâti sur une falaise de tuf, et est arrosé par une source très abondante : la Foux. Cette source alimente treize fontaines réparties dans les rues et places du village. Leur bruit mélodieux est vraiment rafraîchissant au plus chaud de l'été provençal. La place principale de Varages, ombragée de tilleuls, propose l'été des terrasses de cafés très appréciées des habitants, et des touristes. La fontaine la plus imposante de Varages, la fontaine des Quatre Saisons, orne chacun de ses becs d'un masque figurant les quatre saisons. Elle comporte sur son sommet une Marianne posée sur un socle sur lequel on peut lire : "Place de la IVe République". Elle se situe au centre de la Place de la République, face à la mairie. Varages est un village qui vaut vraiment le détour.

Nous n'avons pas manqué de visiter le Musée des Faïences dans lequel il est interdit hélas de prendre des photos.

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12 août 2017

Récipients pour le transport et la conservation des liquides : cruches, dourgo, jarres, pichets, etc...

 

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Filtre à eau en terre cuite qui sert aujourd'hui d'objet décoratif (Photo Nadine)

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Le-vin

Lhuile

Source : "Les Carnets varois du patrimoine-N°1" : Céranique varoise, Var, pays de la terre cuite - 2002 - Edition du Conseil Général du Var.

Dourgo

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06 août 2017

Les colonnes antiques de Riez

C'est au cours d'une de nos balades que nous sommes allés à Riez. Nous avons visité la ville et avons terminé par les fameuses colonnes qui se trouvent à l'entrée de celle-ci, sur le côté gauche. Voici ce que j'ai appris grâce au panneau explicatif (ci-dessous, reproduction du temple d'origine)

Temple-Riez

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Colonnes-3

Colonnes-5

Ces colonnes monolithes, en granit gris de l'Estérel, hautes de 7 mètres sont surmontées d'une architrave richement décorée en calcaire tendre. Les bases et les chapiteaux corinthiens sont en marbre blanc. Elles constituaient la façade orientale d'un temple tétrastyle, construit au 1er siècle après Jésus-Christ et vraissemblablement dédié à Apollon. Du haut d'un imposant socle en grand appareil, le temple dominait de 2,50 mètres le niveau antique de circulation : la grande voie vers Aix. Deux massifs prolongeaient le podium en avant des colonnes extrêmes et enserraient un escalier. L'édifice fut détruit à la fin de l'Antiquité et les matériaux récupérés, mais la colonnade et son support ont été soigneusement respectés. Les quatre colonnes semblaient veiller sur l'entrée de Riez au terme de la grand route d'Aix qui passait au pied même des vestiges jusqu'au XIXe siècle.

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Colonnes-Riez-1

 

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31 juillet 2017

Ce qu'on disait des jeunes provençales

Provençale

Les Provençaux avaient toutes sortes de locutions pour déterminer leurs critères à l'égard des jeunes filles.
On aimait avant tout qu'une jeune fille fût jolie :
Es Belasso ! (Elle est très belle !), Es poulido coumo un sou ! (Elle est jolie comme un sou !). Lorsqu'un jeune homme songeait à épouser une jeune fille, ses parents s'inquiétaient de savoir si celle-ci était travailleuse. C'était là une condition importante pour réussir en ménage. D'une fille sage, laborieuse et aimable on disait : Es un tresor ! (C'est un trésor !).
Certaines d'entre elles montraient des aptitudes tout à fait heureuses pour tenir la maison :
A de gouvern ! (Elle a du gouvernement !) ce qui voulait dire, en d'autres termes : elle sera une bonne maîtresse de maison. Qu'elle soit juste ou non, la réputation universelle du beau sexe a toujours été celle d'être volage. Les Provençaux n'aimaient guère cela et les jeunes filles qu'ils trouvaient trop souvent dehors, étaient mal considérées. On disait d'elles : Courre la patenteno ! (Elle court la prétentaine !) ou encore : Es uno courrentilho ! (C'est une coureuse !). C'est que l'on ne badinait pas dans les familles à cette époque avec la réputation de ou des jeunes filles de la maison !

Source : Almanach de la Provence.

Provençales

 

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25 juillet 2017

Le jardin des Gorguettes au Val

Situé au coeur de la Provence verte, à cinq kilomètres de Brignoles, Le Val est un village médiéval d’environ 3 700 habitants. Niché dans une vallée parcourue par la Ribeirotte, le village est dominé au nord par la colline de Paracol qui dessine fièrement au loin sa silhouette. C’est un village privilégié pour les amoureux d’histoire et de nature. Si vous visitez ce joli village, ne manquez pas de voir le jardin des Gorguettes. C'est un jardin des senteurs botaniques provençales avec un aqueduc du XIVème siècle, réalisé pour amener l’eau de la source des Treje Raï aux fontaines et aux moulins.

Voilà les photos que j'ai faites de ce jardin.

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19 juillet 2017

Quelques proverbes en Provençal

 

Jarre

Coin du jardin de Marcel à Trans en Provence

 Pèr ana séguramen su lei samin de la vido vidanto, lei Provençau avisa fan fisanço à nounostrei prouvèrbi que soun la quintessènci de la sapiènci poupulàri dei reire.
Pour aller sûrement sur les chemins de la vie quotidienne, les Provençaux avisés font confiance à leurs proverbes qui sont la quintessence de la sagesse populaire des anciens.

Lou tèms e l'usage rendoun l'ome sage.
Le temps et l'usage rendent l'homme sage.

De teis ami digues tout bèn, deis autre digues rèn.
De tes amis dis tout bien, des autres ne dis rien.

Es riche qu pou, urous qu saup, sage qu vau.
Est riche qui peut, heureux qui sait, sage qui veut.


Gai lesert bèu toun soulèu, que lou tèms passe trop lèu, e deman ploura belèu.
Gai lézard bois ton soleil, car le temps passe trop vite et demain il pleuvra peut-être.

Plaque-Riez

 Photo prise par moi-même en 2006 à Riez

 

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13 juillet 2017

Géo Fourrier, illustrateur

Georges Fourrier dit Géo-Fourrier né le 16 juin 1898 à Lyon et mort le 8 avril 1966 à Quimper est un artiste aux talents multiples : peintre, graveur, illustrateur, créateur de bijoux, de pipes, de cartes postales.

Voici quelques-unes de ses créations qu'ils signait de ses initiales, avec cette collection de cartes postales sur les costumes provençaux que vous pouvez retrouver dans un de mes albums.

Aix

Arlesienne

Aubagne

Briançon

Cabris

Cannes

Marseille-1

Nice

Saint-Vallier

Tambourinaire

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07 juillet 2017

Les pierres marieuses de Provence

-Rocher à marier

En Provence, comme dans beaucoup de régions, certains gros blocs de pierre sont dotés de pouvoirs recherchés par les jeunes filles à marier. Autrefois rester vieille fille était une malédiction, alors pour se marier rapidement, elles se livraient à quelques pratiques parfois étranges, comme celle de grimper sur le sommet de certains rochers et de se laisser glisser jusqu’en bas. Au coeur du temps, lustrés par les nombreuses glissades, ils sont devenus de vrais toboggans minéraux. On raconte ainsi que le jour de la fête patronale de Bauduen (Var), les jeunes filles désireuses de se marier sont venues longtemps glisser sur un rocher, formant un plan incliné, derrière l’église, et qui était devenu poli comme du marbre. On appelait cela l’escourencho, "l’écorchade". Dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le vallon de l’Ubayette, au village de Saint-Ours, pour trouver un mari et pour être fécondes, les femmes se laissent glisser sur une ancienne roche sacrée. Au village de Fours (Alpes-de-Haute-Provence), on appelait "pierre des épousées" un rocher de forme conique vers lequel le plus proche parent du mari conduisait l’épouse après la cérémonie religieuse. Il l’y asseyait lui-même en ayant soin de lui faire placer un pied dans un petit creux de la pierre que l’on dirait avoir été pratiqué exprès, quoiqu’il soit fait par la nature. C’est dans cette position qu’elle recevait les embrassements de toutes les personnes de la noce.

Une variante : le jour de la fête du Beaucet (Vaucluse), ou simplement un dimanche d’été, les jeunes gens vont s’asseoir auprès des jeunes filles qui leur plaisent, et dévoiler leur amour en leur lançant de petites pierres. Si la jeune fille n’est pas d’humeur favorable aux désirs du galant, elle change de place, et va s’asseoir un peu plus loin. Si au contraire, elle veut encourager l’amoureux, elle prend à son tour de petites pierres qu’elle lui envoie en plaisantant, acte dont la signification est parfaitement claire dans le pays.

 Source : Le Grand almanach de la Provence 2010.

 

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01 juillet 2017

Quelques expressions du langage courant

Provence

Voilà quelques expressions qui sont employées chez nous. J'ai mis ce qui m'est venu à l'idée. Le provençal est une langue très imagée vous allez le voir. Je reconnais que lorsque je parle avec quelqu'un qui n'est pas d'ici, c'est-à-dire "un estranger du dehors", j'évite les mots ou expressions en provençal car la personne vous regarde avec des yeux comme des soucoupes et demande toujours des explications.

Aquèu m'empègui : Est employé pour exprimer la stupéfaction, la surprise. "Empègui" vient du mot provençal "pègue" qui est la poix, la colle. En français : "Alors ça, ça me tue !"

Avoir des oursins dans la poche : Hésiter à mettre la main à la poche, être pingre.

Avoir le cul bordé de nouilles ou bordé d'anchois : Avoir beaucoup de chance.

Avoir le cul comme la porte d'Aix : La porte d'Aix à Marseille est un arc de triomphe imposant. Donc, cette expression est employée pour parler de quelqu'un qui a un gros derrière.

C'est un brave pastis ou être dans un brave pastis : C'est un sacré merdier, une sacrée embrouille.

C'est un destrùssi : Qui détruit tout. Ce dit en parlant d'une personne, d'un animal.

De longue : En permanence, constamment. "Il est assis de longue devant la télé".

Devenir chèvre : Devenir folle. Faire tourner en bourrique. " Mais tu me fais devenir chèvre toi !"

Egrafigner ou grafigner : Egratigner, griffer.

Espincher : Epier à la dérobée, espionner.

Embouligue : C'est une déformation du mot français ombilic qui désigne le nombril. "Avec tout ce que j'ai mangé, je me suis fait péter l'embouligue".

Esquine : l'échine, le dos. "En avoir plein l'esquine". En avoir plein le dos.

Estanpèu : Vacarme. "Ils ont fait un brave estampèu cette nuit !"

Estouffe-gari : Un étouffe-chrétien ou un étouffe belle-mère.

Etre né avec la crépine : Etre né coiffé, avoir de la chance. "E neissu émé la crespine".

Esquichés comme des anchois : "Dans le bus, nous étions esquichés comme des anchois". Du provençal "esquicha" : pressé, serré.

Faire des cagades : Une cagade est une grosse bêtise, un ratage complet. "J'ai fais une cagade !".

Fais du bien à Bertrand, il te le rendra en caguant : Cette formule s'emploie pour parler de l'ingratitude des gens. Bertrand est un nom de famille très répandu dans le Midi. Mon arrière-arrière-grand-mère était une Bertrand de Draguignan.

Faire le cacou : Un cacou est un frimeur, un fanfaron, quelqu'un qui cherche à se faire remarquer.

Faire Pâques avant les Rameaux : Expression qui signifie qu'un couple a eu un enfant avant d'être marié.

Galine : Poule. "Faire la bouche en cul de galine" signifie affecter un air pincé et précieux.

Gàubi : Maîtrise, grande habileté. Avoir le gàubi pour faire telle ou telle chose.

Guicher de l'oeil : faire un clin d'oeil.

Il y a degun : Degun signifie "personne". Il n'y a personne. "Mais il y a degun ici !".

Les brailles : Le pantalon. "Tu en as une de belle paire de brailles !"

Mazete : Se dit quand on est admiratif. Par exemple : "Mazete ! Que tu es bien habillée".

Manger de regardelle astaca mé de fioù : Manger des regardelle attachées avec du fil : se dit quand il n'y a pas beaucoup à manger dans l'assiette. Regardelle : vient de "regarder", on appelle regardelle, tout ce qui tente les yeux.

Manquer : Prendre la honte. "J'ai manqué devant tout le monde".

Mourre de pouar : Groin de porc, de cochon, en provençal. "Celui-là, c'est un vrai mourre de pouar !" Avoir une tête de cochon, faire la tête, ne pas être aimable.

Pagaille : Adjectif désignant une personne peu ordonnée. "Qu'est-ce qu'il est pagaille celui-là".

Parpagnat : "Grossier personnage, rustre, homme du commun".

Passer la pièce par terre : Passer la serpillière. La pièce étant le morceau de tissu.
Pécaïre, peuchère : Signifie : "le pauvre !", au sens de plaindre quelqu'un.
Pépie : "Avoir la pépie". Pépie est une maladie des gallinacés se traduisant par une soif inextinguible. Donc, avoir la pépie se dit d'un assoiffé chronique.
Pigne : "Pomme de pin" ou "coup de poing dans la figure".
Porcas : "Gros cochon". S'emploie seul en invective.
Ribe : "Talus, pente, déclivité".
Sartan : "Poêle à frire". Désigne aussi une vieille sorcière malfaisante
S'embrasser comme des coucourdes : S'embrasser de bon coeur. Vient du provençal "cougourdo" courge, potiron. Avoir la tête comme une coucourde : avoir la tête enflée, en avoir plein la tête. "Tu me mets la tête comme une coucourde".
S'embroncher : Du provençal "s'embroncar" : trébucher. Heurter quelque chose avec le pied, se prendre les pieds dans quelque chose. "Je me suis embronchée dans les fils".

Se faire escaner : Se faire arnaquer. "Je me suis fais escaner au marché ce matin".

Se mettre à coucou : s'accroupir.

Se tanquer : Se planter, ne plus bouger d'un endroit, rester sur place. "Il est tanqué devant ce magasin depuis une heure !".

Sian poulit ! : On est beaux ! On est dans le beaux draps ! On est propres ! S'emploie quand tout est perdu.

Tian : Désigne le plat en terre et le gratin que l'on fait dedans. C'est aussi et surtout une bassine de terre cuite qui siégait dans la pile (l'évier) et qui servait un peu à tout.

Tomber un oeil : Exprime la rareté. "Pétard, c'est toi qui paie le restaurant aujourd'hui ? Mais il va te tomber un oeil !"

Travailler comme les filles de Toulon : Elle travaille comme les filles de Toulon, elle fait le mitan et elle laisse les cantouns : "Elle fait le milieu et elle laisse les coins".

Tronche d'api ! : Désigne familièrement un imbécile, un idiot, un benêt... Mais toujours au sens figuré, affectueux et amical malgré tout.

Trompe-couillon : Maquillage. "Je vais me mettre un peu de trompe-couillon pour me faire belle".

Va caguer à la vigne ! : Va te faire voir !

Va t'escoundre : Escoundre, c'est caché. "Va t'escoundre !".

Vieille masque : "Vieille sorcière".

Vé ! : Regarde !

Zou ! Exprime "Allez"

Zou ! Boulégan : Du latin sursum qui signifie sus. Zou peut être traduit par "en avant" "allons-y". "Aller ! bougeons".

Zou maï : Le mot maï en provençal signifie "davantage". Zou maï peut être traduit par "encore une fois" ou "ça recommence" ou "encore" !

 

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25 juin 2017

Le rocher de Roquebrune et du Muy

 

Carte 

Il y a longtemps que je voulais vous parler du rocher de Roquebrune. Ce rocher a vu vivre bon nombre de générations de mes ancêtres et eux, depuis toujours l'ont contemplé et ont vécu sous sa protection.
On dit que les Roquebrunois et les Muyois se disputent le rocher (vous le lirez dessous) qui est à moitié chez les uns et à moitié chez les autres.
Or, le 6 octobre 1890, un muyois, François Barret, a épousé une Roquebrunoise, Adélaïde Ollivier. Ils étaient mes arrière-grands-parents. Preuve qu'il ne se disputaient pas tous ! Donc, ce rocher est un peu à tous les deux et un peu à moi aussi. C'est à eux que je pense en écrivant cet article mais aussi fortement à Georges dit Jojo, mon papa. Je me suis inspirée de plusieurs documents et livres comme je le fais à mon habitude pour écrire cet article, j'ai employé aussi des photos provenant de différentes sources n'ayant pas pu les faire toutes moi-même.

Rocher_Roquebrune-sur-Argens

 Le rocher de Roquebrune dans sa totalité (Photo trouvée sur Internet)

Je le vois depuis notre terrasse à Trans en Provence (mais trop loin dans le lointain pour faire une photo valable). Il barre l'horizon de mon regard. Il est là depuis des temps séculaires. Il se dresse sublime au-dessus de la plaine de l'Argens qu'il domine de sa masse rocheuse imposante et majestueuse. C'est le rocher de Roquebrune. Il culmine à 373 mètres d'altitude et s'étale entre la commune du Muy et celle de Roquebrune-sur-Argens. Sur les cartes, le massif porte officiellement le nom de rocher de Roquebrune, une appelation qui ne plaît guère aux habitants du Muy puisque leur commune possède à peu près la moitié du territoire concerné. Ceux-ci préfèrent l'appeler "Les Trois Croix", faisant référence aux trois somments où, depuis les temps reculés, sont dressées des croix symboliques donnant un caractère sacré à la montagne. Les Roquebrunois, eux, parlent de la Roque ou du Roucas, des termes familiers, voire affectueux, pour qualifier cette montagne dont ils sont fiers et qu'ils considèrent un peu comme leur propriété.
Depuis longtemps, sans doute, les habitants des deux villages, se disputent la possession de ce rocher qui tient une grande place dans leur coeur et dans leur vie. Depuis des générations, c'est leur toile de fond, leur spectacle permanent : il change d'aspect à chaque heure du jour, quand apparaît un nuage sur les crêtes ou lorsque le mistral se lève. Il leur offre un perpétuel sujet de conversation, émaillé de dictons et de prédictions météorologiques. Sa masse s'impose à tous, sa couleur ocre, dont l'intensité varie avec la lumière, illumine leurs jours. On dirait que la montagne fait partie de leur vie, qu'elle les rassure, qu'elle leur permet de dormir tranquilles.

Roquebrune-Rocher3

 Une partie du rocher de Roquebrune (Photo Nadine) 

A cet endroit se dressait à la fin de l’ère primaire, c'est-à-dire, il y a 250 millions d’années une chaîne de montagne : la chaîne hercynienne dont les derniers témoins sont les massifs des Maures et du Tanneron. Sur environ 50 millions d’années, l’érosion a complètement nivelé la chaîne. Une partie des débris s’est accumulée dans un profond bassin d’effondrement situé au nord du massif des Maures : la pénéplaine hercynienne permienne. Ce conglomérat de sables et de galets ou le granit est dominant s’est métamorphosé sous forme de grés et d’arkoses.
A l’ère tertiaire, des mouvements tectoniques ont provoqué un rajeunissement du relief et ont fait remonter le conglomérat à la surface. C’est ainsi que le rocher constitue un énorme massif sédimentaire qui semble faire la nique au massif cristallin des Maures dont il est issu 250 millions d’années plus tôt. Depuis, l’érosion a repris son oeuvre et recommence à niveler et à grignoter le paysage. Ce massif a une apparence étrange avec son aspect chaotique. Sa couleur vraiment très caractéristique est due à une quantité inhabituelle d’hématite (oxyde de fer). Mais selon l'heure de la journée à laquelle vous le regardez, il n'a jamais les mêmes couleurs. Il n'est jamais pareil, moi, je trouve que les plus beaux tons, ce sont ceux qui le parent dans le soleil couchant. Ci-dessous deux magnifiques photos qu'un ami transian et lecteur de mon blog, Noël Landry, m'a envoyées. Merci à toi Noël pour ce beau cadeau.

Rocher-septembre

 Le Rocher au soleil couchant de septembre
(Photo de Noël un transian qui le voit de chez lui sur les hauteurs de Trans)
 

Rocher-décembre-soltice-d-hiver

 Le rocher au solstice d'hiver (Photo de Noël)

 Anecdote : Jadis, le Rocher rythmait la journée. Lorsque le temps allait changer, on regardait le Rocher. S'il se coiffait d'un chapeau de nuages, on disait en provençal :
- à Roquebrune :
"Quouro la roucaio a lou capèu, s'a pas plougu, ploura ben lèu".
(Quand le Rocher a le chapeau, s'il n'a plu, il pleuvra bientôt).
- au Muy :
"Quouro lou rouca a lou capèu, pren ta capo et va-t-en lèu".
(Quand le Rocher à la chapeau, prend ta cape et reviens vite).

Mais le rocher a une autre particularité, il donne l'heure par un cadran solaire appelé le Clègue, là où la roche affecte la forme d'un Y majuscule au côté nord. Au moment où le Clègue rentre dans l'ombre, il est midi. Si, de nos jours, on ne conculte plus le Clègue, il était encore très courant de le faire au début du XXe siècle. Alors, les paysans qui travaillaient s'en allaient prendre leur repas à l'ombre d'un arbre ou au bord de la rivière, notamment vers le Blavet.

Bastide-provence 

Une autre partie du rocher vu par l'objectif de ma cousine Michèle de Roquebrune-sur-Argens.

Sources : Le Rocher de Roquebrune - Editions Campanile - 2004 et Internet. 

rocher

 Le rocher et ses formes étranges (Photo trouvée sur Internet)

 

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19 juin 2017

La calade

Gordes

Gordes (Vaucluse) rue caladée

Une rue caladée ou en calade, ou plus simplement une calade, tend à désigner aujourd'hui en Provence une rue en pente pavée de galets du Rhône ou de la Durance. Plus généralement, le terme désigne une rue pavée ou empierrée (que ce soit en galets du Rhône ou en pierres calcaires des Monts de Vaucluse, etc...). Quand il s'agit de pierres, celles-ci sont posées verticalement, sur la tranche. Le verbe calader signifie paver, empierrer. L'artisan spécialisé dans le caladage des chaussées était le caladier (en occitan caladaire).

  Le terme calade était également employé pour désigner les aires de travail en pierres de forme ronde ou carrée. Il n'est pas circonscrit à la Provence, on le rencontre ou le rencontrait dans les départements qui constituent le Languedoc (Gard, Hérault, Aude).

Calade est la francisation d'un terme de la langue d'Oc : calada.

Trois hypothèses sont en lice en ce qui concerne l'étymologie : le mot viendrait de l’occitan calar signifiant descendre, d’une racine gauloise cal signifiant pierre, ou enfin du latin callis désignant un chemin piétonnier étroit.

Nota  : A Trans en Provence, nous avons une rue de la Calade.

 

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13 juin 2017

Provence de pierre et d'eau

 

Je vous parle souvent de ces deux éléments : la pierre et l'eau dans mes articles.
Je vous propose de visionner aujourd'hui la bande-annonce du film
"Provence de pierre et d'eau".

Le spectateur est transporté sur le plateau du Vaucluse, où les habitants ont su développer une véritable économie de l'eau ainsi que sur les bords de la Sorgue.
Puis c'est le Rhône, Arles et la Camargue où depuis plus d'un siècle, du fait des activités humaines, s'est établie une étonnante synergie entre l'eau douce, l'eau salée et la faune sauvage.
Sans pierre, point de construction, point d'abri pour les hommes et les bêtes.
Sans eau, point de vie tout simplement.
Rappelez-vous qu'en Provence : "Eici, l'aigo es d'or" "Ici, l'eau c'est de l'or".
Pour s'adapter au climat méditerranéen, les provençaux se sont constamment ingéniés à améliorer leur maîtrise de la gestion de l'eau. Depuis des millénaires, ils ont déployés des efforts considérables pour la mobiliser et l'acheminer à l'endroit et au moment où elle leur était utile. Notre région garde les traces de cette histoire de l'eau : aqueducs, canaux, puits, aiguiers, citernes, fontaines, barrages sont présents de partout dans nos paysages.

Fontaine

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Lavoir à Moustiers-Sainte-Marie Alpes de Haute Provence (Photo Nadine)

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Fontaine à Bagnols-en-Forêt (Photo Nadine)

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Fontaine à Régusse (Photo Nadine)

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Fontaine à Quinson Alpes-de-Haute-Provence  (Photo Nadine)

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Canal à Trans en Provence (Photo Nadine)

 

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07 juin 2017

Les girouettes

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Girouette coq sur le clocher aux tuiles vernissées de l'église Saint-Michel de Trigance dans le Haut-Var (Photo Nadine)

Castellane-clocher

Girouette coq sur le clocher de l'église de Castellane dans les Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Le-Muy-1

Girouette fanion sur le campanile du clocher de l'église fortifiée Saint Joseph du Muy (Photo Nadine)

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Girouette fanion sur le campanile du clocher de l'église Saint-Victor de Trans en Provence (Photo Nadine)

Girouette-Ampus

Girouette sur le toit d'une maison à Ampus (Photo de Rosette d'Ampus du blog Le Toupin)

Il existe des girouettes très anciennes. Les girouettes sont apparues au IXe siècle sur les églises. Au Moyen-Âge, elles sont l'emblème du pouvoir et un attribut noble sur les châteaux, elles se présentent sous la forme de fanions carrés ou de drapeaux. Le nombre et la disposition des pointes qui les ornent constituent un code qui indique la position sociale de celui qui les possède. C'est ainsi que les nobles ont des fanions avec des pointes ou bien des motifs évidés et aussi parfois des armoiries. Par contre, les chevaliers ont une seule flèche avec différents empennages... Puis elles se multiplient sur les beffrois (un beffroi est un ouvrage de charpente destiné à supporter et à permettre de faire mouvoir des cloches), sous le nom de "panonceau". A la Renaissance, on voit apparaître des dragons, chimères et autres monstres sur les châteaux et les tourelles. A l'abolition des privilèges (dans la nuit du 4 août 1789, l'assemblée nationale constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges) est promulgué le droit pour tout citoyen de possèder une girouette. Les girouettes se mettent alors à faire partie du paysage. Chacun veut en orner sa maison, indiquer son métier, son rang dans la société, ses goûts, ses craintes. Par exemple, le laboureur et son attelage, le chasseur et son chien, le vendangeur et son panier, la gabare du marinier ou le cheval et la calèche, etc...

 Mais les girouettes étaient aussi placées à des fins protectrices ou conjuratoires, le vent puissant faisant naître dans l'imagination populaire des légendes entretenues par tradition orale. Les girouettes ont bien sûr un rôle fonctionnel : nous faire connaître la variation des vents. Elles sont aussi des enseignes, avertissant le voyageur qui les découvrait de loin, de la profession de l'occupant de la maison. Ainsi, un cheval cabré indiquait un relais, un boeuf montrait la maison d'un éleveur, un moulin celle d'un meunier, etc... Les girouettes étaient en tôle ou en fer blanc, aujourd'hui elles sont en cuivre ou en zinc et sont souvent simples, parfois naïves. Mais elles peuvent être beaucoup plus raffinées et délicatement découpées pour faire les contours d'un personnage, les ailes d'un moulin ou les détails méticuleux d'une scène de vie et manifestent de cette façon l'adresse de l'artisan. Les girouettes qui représentent un coq sont les plus répandues (on pouvait voir des girouettes coq au sommet des clochers aux alentours du VIIe siècle). Pourquoi le coq ? Parce qu'il représente le passage des ténèbres à la lumière.

 Source : D'après les sites : girouette.com et 1001.girouettes et objets de vent en Europe.

Pour en savoir plus sur les girouettes, je vous conseille d'aller voir :

http://1001.girouettes.pagesperso-orange.fr/

 

01 juin 2017

Le monument du Dixmude à Pierrefeu

 

Dixmude

A la sortie du village de Pierrefeu du Var, il y a un étrange monument ; une aile de granit rose de 14 mètres de haut qui s'élève vers le ciel. C'est le monument dédié au dirigeable Dixmude.

Pendant la Première Guerre Mondiale, qui a inauguré la guerre aérienne, les ballons dirigeables ont montré leur efficacité pour les bombardements, la reconnaissance navale ou terrestre et l'escorte des convois. Ce sont les forces allemandes qui ont fabriqué les engins les plus performants sous le nom de Zeppelin, du nom de leur concepteur. Le principe était de tendre une enveloppe emplie d'hydrogène sur une structure en alliage lèger.
Dans l'histoire de ces Zeppelin, dont le premier vol eut lieu en 1900, notons le bombardement aérien de Paris, en 1916, la première traversée commerciale de l'Atlantique, en 1928, et l'incendie du Hindemburg, qui fera 35 victimes à New-York, en 1937, et qui scellera la fin de la saga des dirigeables et de leur défaut principal : être gonflés de gaz inflammable.

Base-CuersPierrefeu

Base de Cuers-Pierrefeu (vue aérienne)

Au début des années 20, dans le cadre des dommages de guerre, l'Allemagne vaincue en 1918, doit fournir à la France, deux de ses énormes dirigeables, dont le L72. Après un voyage de Friedrichshafen à Maubeuge, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan en prend le commandement avec un équipage de marins français. Le 12 août 1920, le dirigeable se pose à la base de Cuers-Pierrefeu où l'on vient d'achever la construction d'immenses hangars. Je précise que la Marine nationale utilise toujours de nos jours l'aérodrome. Le dirigeable est long de 266 mètres et a un diamètre de 24 mètres. Il est équipé de 6 moteurs de 260 CH, sa vitesse de croisière est de 77 km/h et sa vitesse maximale est de 110 km/h. Il contient près de 70 000 m3 d'hydrogène.
Le L72 est baptisé Dixmude en souvenir des fusiliers marins français et belges qui héroïquement ralentirent l'avance des allemands en octobre 1914 à Dixmude, ville des Flandres Belges. De 1920 à 1922, de multiples modifications sont entreprises sur le dirigeable. A partir de 1923, le Dixmude effectue de nombreuses sorties (320 heures de vol environ) dont celle dans le sud saharien où il bat le record du monde de vol sans escale : 9 000 kilomètres en 118 heures.

Dixmude1

Le Dixmude survolant la Corse le 17 décembre 1923

   
Sa dernière mission est d'étudier les conditions de navigation aérienne, de jour et de nuit en région désertique. Le 20 décembre 1923, une tempête le contraint à se dérouter. Le 21 décembre, désamparé et touché par la foudre, il explose en vol au large de la Sicile. Seul le corps de son commandant, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan est ramené par des pêcheurs italiens quelques jours plus tard. Sa dépouille est rapatriée par le croiseur Strasbourg. Au total, ce sont cinquante hommes, équipage et passagers qui ont péri dans cette catastrophe.

Dixmude2

La municipalité de Pierrefeu ouvre alors une souscription nationale pour ériger un monument à la mémoire collective et au patrimoine historique. Il est inauguré le 22 mai 1927, par Monsieur le président Georges Leygues,
ministre de la marine.

Sources : D'après le livre "Côte d'Azur insolite et secrète"- Jean-Pierre Cassely - Editions Jonglez et le site internet Aerosteles-hydoretro.net - article sur le Dixmude.

 

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26 mai 2017

Le petit patrimoine ou le patrimoine vernaculaire

 

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Un apier (mur à abeilles) à Cornillon-Confoux -
Bouches-du-Rhône (Photo internet)

D'une manière générale, le petit patrimoine, ou patrimoine vernaculaire (vernaculaire : qui est propre à une région et à ses habitants), peut être défini comme l'ensemble des constructions ayant eu, dans le passé, un usage dans la vie de tous les jours.
On peut citer par exemple : lavoirs, moulins, fontaines, canaux d’irrigation, ponts ruraux, fours à pains, fours à poix et à cade, potales (niches), croix de chemin, croix rurales, chapelles, oratoires, bornes historiques, travails à ferrer, etc... On le trouve principalement dans les villages, les bourgs, les petites villes, où il a été relativement épargné par la modernisation.
Comme le reste du mobilier urbain, ces modestes témoins du passé subissent malheureusement ce que l'on appelle le vandalisme, phénomène qui à présent concerne les petites villes, voire les villages et qui est extrêmement regrettable. Ce petit patrimoine, humble et populaire mais si important pour mieux comprendre notre passé est pourtant très vulnérable. Il ne fait pas encore assez l'objet de la part des collectivités territoriales, d'un entretien et d'une protection efficaces, voire d'un classement au titre même des objets.

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Moulins à Régusse - Var (Photo Nadine)

En Provence, outre les constructions citées ci-dessus, il faut inclure les restanques, puits, clapiers, apiès ou murs à abeilles, les cabanons et les postes de chasse, mais aussi les fours à cade, fours à chaux, charbonnières ou encore les aires à battre le blé et les glacières qui sont autant d'éléments qui font partie de notre patrimoine.
Ils étaient destinés à un usage domestique, agricole, ou industriel et ils ont été construits directement par leurs utilisateurs, sans maître d'oeuvre, avec des matériaux trouvés sur place et selon des techniques traditionnelles, pour répondre à des besoins spécifiques locaux, communautaires ou individuels.

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Lavoir à Quinson - Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Supplément

Je mets un commentaire d'un de mes lecteurs (écrivain) afin d'apporter un complément à cet article :

"L’édification des cabanes de pierres sèches est un moyen des plus ingénieux d’utiliser avec efficacité la masse considérable de pierres issues du défrichement que poursuivent avec opiniâtreté les générations de paysans ; ceci sans avoir à beaucoup les déplacer et en en agençant le plus grand nombre. Les amoncellements de ce type ou ceux en forme de murailles ou d’enclos, les murs innombrables qui soutiennent la moindre parcelle de terre ou les longs banquets des terrains en pente, murs qu’il fallait entretenir constamment et en partie relever après chaque orage, témoignent de l’ancestrale patience de ces hommes et de ces femmes qui portèrent ces pierres une à une. Murs, enclos, clapiers, cabanes, autant de monuments de roc du silence et du courage édifiés par des générations d’hommes libres, relayés aujourd’hui par ceux qui défrichent encore, remembrent et maintiennent les terres".
   
"Dictionnaire illustré du village de Provence" André Pierre Fulconis. Site internet : www.fulconis.com